Interview de Christophe Sambre

Afin de vous faire découvrir davantage notre nouvel auteur, Christophe Sambre, nous vous avons concocté une interview ! Nous espérons que celle-ci vous donnera envie de découvrir son Dark Thriller « Serial »
 
1/ Bonjour Christophe ! Pour commencer cette interview, nous aimerions savoir ce qui a déclenché votre passion pour l’écriture et depuis combien de temps cela dure-t-il ?
 
Les jeux de rôles. Je crois que ce sont vraiment la découverte et la pratique des jeux de rôles qui m’ont donné le goût de la création d’univers, de personnages, d’histoires… J’avais une quinzaine d’années alors et, chaque semaine, j’inventais des scénarios pour faire jouer mes amis dans des univers aussi variés que Rêve de Dragon, Call of Cthulhu, Star Wars, CyberPunk. Depuis, je n’ai jamais vraiment cessé d’écrire : des scénarios, des nouvelles, des romans, des chroniques… et j’aimerais aussi un jour m’essayer à la BD.
 
2/ Quels sont vos auteurs et vos livres préférés ?
 
Pour ce qui est de la genèse de Serial, elle se situe à la croisée de plusieurs influences. D’abord les romans graphiques de Frank Miller (The Dark Knight Returns, Sin City) dont j’aime l’esthétisme de la violence, les villes sans issue noyées dans le pêché. Les thrillers de Thomas Harris bien sûr (Le Silence des Agneaux, Dragon Rouge) dont la complexité des protagonistes, la finesse des interactions, la subtilité des intrigues me fascinent. J’évoquerais aussi la littérature underground et morbide de Poppy Z. Brite (Le Corps Exquis, Ames Perdues) pour son écriture sans concession, crue, ses personnages révoltants et pourtant fascinants.
Mais outre les atmosphères noires, j’affectionne également la fantasy, le fantastique et la science-fiction. Ainsi je suis un immense fan de Neil Gaiman (Sandman, Neverwhere, American Gods, Miroirs et Fumée) qui m’a donné le goût de la Fantasy Urbaine et qui m’a beaucoup inspiré pour certaines de mes nouvelles (cf mon recueil « Fragments d’Ames ») ainsi que pour mon dernier roman encore inédit. J’ai adoré le cycle des vampires de Anne Rice. J’ai beaucoup lu les classiques de la Science-Fiction, avec des écrivains comme Isaac Asimov (Les Robots), Dan Simmons (Hypérion), Jack Vance (Le cycle de Tschaï, Planète Géante) qui m’ont transporté tant par l’immensité de leurs univers que par l’originalité de leurs créations.
Mais il y en a tant d’autres à citer : Fritz Leiber, Neal Asher, Poul Anderson, China Mieville, Stephen Baxter, Ursula Le Guin, Roger Zelazny, sans oublier l’immense JRR Tolkien.
 
3/ Avez-vous des habitudes bien à vous pendant que vous rédigez vos romans ? Si oui, lesquelles ?
 
Je n’ai pas d’habitudes « fixes », disons plutôt que je m’adapte en fonction du roman et du contexte. « Serial » a été écrit en grande partie sur le trajet vers mon lieu de travail, dans le train, sur des périodes de 45mn à 1h. J’avais besoin de revenir à mon sujet très vite, alors pour me mettre dans l’ambiance, je mettais mon casque et je plongeais dans les rythmes lancinants de Massive Attack (Mezzanine, Protection, Blue Line). J’aime à dire que, d’une certaine façon, Serial a été construit et écrit « sous » Massive Attack.
Depuis quelques années, je ne prends plus le train, je vais au travail en voiture, alors j’ai pris l’habitude d’utiliser mon téléphone comme un dictaphone et je travaille ainsi, une à deux heures par jours, en enregistrant mes idées, en les travaillant et les retravaillant encore.
 
4/ Parlez-nous un peu de votre roman. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de l’écrire ? Quels messages souhaitez-vous y faire passer ?
 
A l’époque où j’ai écrit « Serial », je lisais beaucoup de littérature noire et j’appréciais particulièrement la mouvance « underground » sans morale, sans limite… Alors j’ai d’abord envisagé d’écrire ce thriller comme un défi personnel ; l’opportunité de m’essayer à une littérature à la fois dérangeante et explosive. J’avais envie d’une intrigue simple, rapide et dynamique, servie par des personnages aux caractères épicés… une histoire sans loi ni morale, avec des protagonistes qui se cherchent, se croisent, jusqu’à se déchirer dans une apothéose sanglante et sauvage. J’avais envie de m’éloigner du manichéisme trop présent dans ce type de littérature, pousser le lecteur à s’interroger sur ces tueurs sans état d’âme et pourtant, par certains côtés, profondément humains. Je voulais déclencher de la fascination, du dégout ; de la pitié et de la répulsion ; emmener le lecteur avec moi dans la tête du tueur, puis dans celles des inspecteurs, le contraindre à observer leurs pensées, leurs pulsions, leur propension à juger de la vie des gens. Je voulais provoquer des questionnements, parfois même une prise de conscience, celle de se dire que nos pensées, nos jugements, nos comportements ne sont pas toujours si éloignés de ceux d’un psychopathe. Et cette simple question qui se pose : qu’est-ce qui fait la différence entre le tueur et nous ?
 
5/ Avant d’être édité chez nous, avez-vous déjà publié votre roman ? Si c’est le cas, partagez-nous votre expérience.
 
Il me semble que l’édition, c’est avant tout des rencontres. La première édition de « Serial » est le fruit d’une rencontre sur un salon littéraire avec Alain Anceschi, le regretté directeur littéraire des Éditions ROD. Rencontre que je dois à un ami, lui-même auteur et graphiste pour les Éditions ROD à cette époque. Avec Alain, le courant est immédiatement passé, je lui ai parlé de mon roman de Fantasy Urbaine, il cherchait un Thriller… Je lui ai proposé « Serial » et le manuscrit l’a séduit. Le livre est sorti à l’occasion du Salon du Livre de Paris, en mars 2019, mon premier salon, une expérience vraiment passionnante. En un an, le livre a trouvé son public puisqu’il s’est vendu à plus de 400 exemplaires sur les salons du Nord-Est de la France (ma région d’origine), dans les librairies en ligne, sur mon lieu de travail… Les retours sont toujours très positifs et j’en suis très heureux. Malheureusement, les Éditions ROD ont dû cesser leurs activités en Décembre 2019 et jusqu’à ce qu’il soit repris par les Éditions Heartless, « Serial » n’avait plus de port d’attache.
 
6/ Quels conseils donneriez-vous à des auteurs en herbe ?
 
S’il y a bien une chose que j’ai apprise en presque 20 ans d’écriture, c’est l’humilité devant la feuille blanche. Je ne suis pas de ceux qui croient en une méthode miracle, en des schémas à suivre de façon systématique ou à une structure incontournable pour écrire de bons romans. Je dirais simplement qu’un bon livre, quel que soit le genre, c’est d’abord une bonne histoire, racontée et orchestrée comme une symphonie, avec dynamisme et équilibre. C’est l’histoire qui fixe la structure et le rythme, tout autant que le style et le vocabulaire, et pas les règles ou les méthodes. Tout le reste n’est qu’une question de travail, de détermination… peut-être même d’acharnement à produire le meilleur, encore et encore, et à essayer de convaincre. Sur cette idée, je ne donnerai alors qu’un seul conseil : écrivez, faite vous lire et relire, acceptez les retours et retravaillez encore et encore… jusqu’au moment où quelqu’un recevra votre livre et vous dira qu’il est prêt à être édité.
 
7/ Pourquoi avez-vous choisi le titre « Serial » ? Que se cache-t-il derrière (sans spoilers !) ?
 
L’histoire de ce titre est en réalité toute simple. Je voulais un titre « percutant » qui en un mot raconte le livre. Et presque immédiatement, « Serial » s’est imposé à moi comme une évidence. Ma seule surprise fut de ne trouver aucun livre avec ce titre. Alors je m’en suis emparé pour ne plus le lâcher.
 
8/ Pourquoi avez-vous voulu faire éditer votre histoire ?
 
Je crois que quand on écrit, que c’est une passion comme c’est le cas pour moi, l’édition constitue une sorte d’aboutissement. C’est l’opportunité de partager ses écrits, de recevoir des retours parfois enthousiastes, parfois critiques, parfois même négatifs… et donc à la fois de se rassurer et de progresser. C’est aussi et surtout la porte vers les salons littéraires. Avoir la chance de présenter ses livres au public. Depuis que « Serial » est sorti, j’ai eu la chance de participer à une dizaine de salons et c’est à chaque fois un enchantement… pour les rencontres avec les lecteurs, les auteurs, les éditeurs ; pour l’ambiance ; l’enthousiasme des organisateurs et le plaisir de retrouver les auteurs que l’on connait.
 
9/ Quel est le personnage que vous préférez dans votre roman ?
 
J’ai une profonde affection pour tous les personnages de « Serial », en raison de leurs passés, de leurs fêlures, de leurs contradictions… Pourtant, si je devais émettre une préférence, à l’évidence, ce serait pour Christophe, un jeune homme apparemment sans histoire qui passe ses après-midis sur les marches de la Défense à observer les gens, à leur inventer des vies, des frustrations, des fantasmes. Un homme qui nourrit une fascination morbide pour les mains des femmes. Et si ce personnage se prénomme Christophe, comme moi, c’était pour interpeller le lecteur, pour l’amener à réaliser que derrière le passant le plus anodin ; derrière un voisin, un collègue ; derrière n’importe qui en réalité ; peut se cacher le monstre le plus abominable.
 
10/ Un petit mot pour la fin ?
 
Pour finir, je voudrais simplement dire que je suis ravi de rejoindre les Éditions Heartless. Ravi que les éditrices aient décidé de me faire confiance et aient eu envie de rééditer « Serial ». J’espère ainsi que les lecteurs des Editions Heartless accueilleront ce livre avec enthousiasme et curiosité, et que nous aurons l’occasion d’en reparler ensemble sur les réseaux sociaux ou dans les salons.
 
Avez-vous hâte d’en savoir plus ?
 
Rendez-vous en 2021 pour la sortie de son roman

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