Interview de Gilles Madic

Chers lecteurs,
 
Afin de vous faire découvrir davantage notre nouvel auteur, Gilles Madic, nous vous avons concocté une interview ! Nous espérons que celle-ci vous donnera envie de découvrir son roman fantastique « Ne rien laisser à Lazare »
 
1/ Bonjour Gilles ! Pour commencer cette interview, nous aimerions savoir ce qui a déclenché votre passion pour l’écriture et depuis combien de temps cela dure-t-il ?
 
Depuis l’enfance, j’ai développé un goût pour l’imaginaire et la lecture, je lisais des romans historiques, des classiques, de la science-fiction, du polar, je dévorais tout ce qui me passait sous la main… Au lycée, je me suis essayé à l’écriture de quelques nouvelles et de poésies, en dilettante. C’est vers l’âge de trente ans (j’en ai trente-neuf) qu’un déclic s’est produit, grâce à la découverte d’une plate-forme d’écriture collaborative où les membres proposent des défis littéraires et s’entraident.
Si l’écriture est souvent perçue comme un acte solitaire, j’ai trouvé dans cette communauté la bienveillance et l’énergie qui me manquaient jusque-là. Ainsi, j’ai pu exprimer ma créativité et progresser grâce au retour constructif des relecteurs. Un vrai cercle vertueux, qui pousse à dépasser ses limites !
Le “challenge Bradbury” proposé par les membres du site ( une nouvelle à écrire par semaine, pendant un an, donc cinquante-deux nouvelles) a été un nouveau tournant dans mon expérience d’apprenti-écrivain. Ce défi m’a forcé à chercher de nouvelles idées. Pour tenir le rythme, je me suis imposé une discipline d’écriture. A partir de ce moment-là, je ne pensais quasiment plus qu’à écrire !
Enfin, le nanowrimo (un roman à écrire en un mois) m’a permis de passer un cap supplémentaire. Après les nouvelles, je m’attaquais à un gros poisson ! C’était une autre façon de travailler, il fallait construire quelque chose de structuré, de solide, avec des situations et personnages complexes. Un mois après et quelques cheveux en moins, mon premier roman était prêt. C’est loin d’être parfait, c’est assez court (45000 mots), mais il n’y a rien de plus satisfaisant que d’aller au bout d’une idée, d’un projet. J’étais fier de moi. Depuis, j’ai écrit trois autres romans, dont “Ne rien laisser à Lazare”.
 
2/ Quels sont vos auteurs et vos livres préférés ?
 
Je vais retenir trois auteurs, même si la liste est plus longue.
D’abord, Bernard Werber, qui m’a donné le goût pour la littérature de l’imaginaire. Cet auteur, au moins pour ses premiers romans, m’a fait voyager et rêver. Grâce à lui, j’ai compris que l’on pouvait écrire simplement sur des thèmes profonds. Pas besoin de phrases alambiquées et torturées pour proposer une histoire passionnante ! Les thanatonautes a été une expérience particulière pour moi, avec ce mélange de fantastique, de mythologie, d’ésotérisme et de science-fiction.
Frédéric Dard fait également partie de mes auteurs favoris, surtout pour les polars écrits sous son nom. Son amour de la langue française, sa liberté et son humour sont des modèles pour moi.
Je finirais par Mary Shelley, particulièrement pour son Frankenstein qui m’a servi de base à “Ne rien laisser à Lazare”. Au-delà de la genèse de ce roman, le récit est fascinant, hypnotique. Il s’en dégage un parfum envoûtant d’horreur et d’interdit. C’est une histoire intemporelle et presque mythologique sur la créature, le créateur et cette relation tragique qui se noue entre eux.
 
3/ Avez-vous des habitudes bien à vous pendant que vous rédigez vos romans ? Si oui, lesquelles ?
 
A part pour le Nanowrimo où je me suis lancé tête baissée dans mon roman, j’effectue un long travail préparatoire avant d’entamer la rédaction. Au départ, il y a toujours une idée, un concept que j’espère original. Puis j’essaie de réfléchir à la fin de l’histoire. Si elle n’est pas satisfaisante, je ne me lancerai pas. Une fois que je sens que je tiens une histoire assez riche pour un roman, j’écris des fiches personnages et un plan sommaire où je décris les enchaînements des actions jusqu’à la fin. Une fois que ce travail est prêt, je me lance dans la rédaction d’un premier chapitre, pour voir si ça colle, pour trouver le bon style. J’étoffe alors la description de mes personnages, des lieux et je rédige un synopsis détaillé de chaque chapitre. Ca permet de révéler de possibles incohérences et de trouver de nouvelles idées. Le squelette est alors souple comme de la pâte à modeler, jusqu’à ce que je décide de le figer.
Alors, je m’astreins à une discipline de fer. Écrire au moins 1000 mots par jour. Quoi qu’il arrive, même si ce n’est pas parfait, même si je devrai en jeter une partie. L’histoire doit avancer jusqu’à son terme. Lorsque je juge qu’un chapitre est satisfaisant, je le publie sur la plateforme collaborative et j’attends le retour des quelques relecteurs en qui j’ai confiance, tout en continuant la rédaction de la suite, et ainsi de suite jusqu’a ce que l’histoire soit achevée et que j’entame le travail de relecture, avec la chasse aux répétitions, aux adverbes et aux verbes ternes (la partie la plus fastidieuse et la moins amusante).
 
4/ Parlez-nous un peu de votre roman. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de l’écrire ? Quels messages souhaitez-vous y faire passer ?
 
L’histoire de la première guerre mondiale m’a toujours fasciné, les récits que m’ont conté mes grands-parents y sont certainement pour beaucoup. J’avais envie d’écrire un roman se déroulant à cette période. N’étant pas historien, même si j’aime beaucoup l’Histoire, je me suis dit qu’il serait intéressant de me lancer dans une uchronie et de mélanger le genre historique avec le fantastique, où tout est permis. A l’époque, mon livre de chevet était “Frankenstein”. L’idée est venue d’elle-même : “Et si” (une bonne histoire commence toujours par un “et si”) les dirigeants avaient eu en tête de ressusciter les morts pour les renvoyer au combat ? Grâce à cette histoire, j’ai pu aborder des thèmes qui me touchent : la folie de la guerre, les morts pour rien, toute cette souffrance décidée par une poignée d’hommes dans leurs bureaux. J’ai voulu y apporter une touche personnelle d’originalité et de modernité, avec de l’humour et des personnages que j’espère attachants.
 
5/ Avant d’être édité chez nous, avez-vous déjà publié votre roman ? Si c’est le cas, partagez-nous votre expérience.
 
Mon roman n’a jamais été publié auparavant. Je l’ai soumis à des maisons d’éditions mais je me suis rendu compte après coup qu’elles éditaient à compte d’auteur. Au plaisir d’avoir reçu une réponse positive s’est vite succédée la déception de découvrir qu’il ne s’agissait que d’une arnaque…
Cela dit, j’ai eu la chance de voir plusieurs de mes nouvelles éditées dans différentes maisons d’édition (Maison des contes et légendes de Cornouaille, Short-édition, Microstory, Kelach Editions et très prochainement Nutty Sheeps). Je finalise également un projet de recueil de contes avec un éditeur breton.
 
6/ Quels conseils donneriez-vous à des auteurs en herbe ?
 
Lire beaucoup d’oeuvres variées et surtout s’imposer une discipline d’écriture. Le grand ennemi de l’écrivain, c’est la procrastination. Personnellement, je m’impose mille mots par jour, tant pis si c’est mauvais, mais ça permet de se libérer de la peur de mal faire. Trop d’auteurs en herbes essaient de bien faire, de ciseler leurs premières phrases jusqu’à la perfection. Au final, ils se retrouvent avec un début d’histoire probablement très bien écrit, mais il s’épuisent et ne la finissent jamais.
 
7/ Pourquoi avez-vous choisi le titre « Ne rien laisser à Lazare » ? Que se cache-t-il derrière (sans spoilers !) ?
 
Il s’agit d’un simple jeu de mot entre l’expression “ne rien laisser au hasard”, ce qu’essaie de faire Charles Lebrun, le scientifique de l’histoire, et Lazare de Béthanie, l’homme que Jésus a ressuscité d’entre les morts, selon le Nouveau Testament. Tout le roman tourne autour de la résurrection, de la persistance (ou pas) de l’âme dans le corps après la mort.
 
8/ Pourquoi avez-vous voulu faire éditer votre histoire ?
 
Quand j’écris mes histoires, je pense sans arrêt au lecteur, aux émotions qu’il va ressentir, aux théories qu’il va se forger. J’essaie de jouer avec lui, de laisser quelques “fusils de Tchekhov” tout au long de son parcours de lecture pour amuser les plus attentifs d’entre eux.
Sans lecteur, tout cela perdrait son sens, alors je cherche un éditeur qui mettra en valeur mon texte et lui apportera un lectorat.
 
9/ Quel est le personnage que vous préférez dans votre roman ?
 
Benjamin est mon personnage préféré, il traverse une incroyable aventure avec flegme. Il joue un rôle-clé sans être le héros. Grâce à son humour, il détend une atmosphère qui pourrait être trop noire par moments. Avec son oncle, il forme un binôme attachant. D’ailleurs, si l’on y regarde de plus près, toute l’histoire tourne autour de binômes qui poursuivent des buts bien différents.
 
10/ Un petit mot pour la fin ?
 
Merci à Manon pour la confiance que tu m’as accordée, merci au comité de lecteurs qui a donné son avis sur mon histoire, j’ai trouvé les commentaires constructifs et enrichissants ! Je suis vraiment heureux d’intégrer la communauté des auteurs d’Heartless Editions, j’ai hâte de tous vous connaître en vrai et à travers vos romans !

Description de cet auteur : 

→ Gilles Madic

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