Phobies (EXTRAIT)

PROLOGUE

 

 

Mars 2017

 

Toute chose en ce monde a une fin.

Giovanni Bioccaccio.

 

 

— Non, s’il vous plaît, s’il vous plaît, je ferai tout ce que vous voudrez, s’il vous plaît…

Danny Reiner tremblait de tous ses membres et sa voix vacillait. Les poings et chevilles entravés par des cordes l’empêchaient de bouger. Il était terrifié. À cause de l’obscurité qui régnait dans la petite cave, il percevait à peine la silhouette de son bourreau.

Silhouette, qui d’ailleurs, remua pour s’approcher de lui. Malgré la proximité, il était incapable de reconnaître la personne qui l’avait enlevé. La peur le paralysait. Il avait l’impression d’avoir une enclume dans l’estomac, froide et terriblement lourde. Danny allait vomir.

— S’il vous plaît. Je ne parlerai de ça à personne. Personne ne saura jamais rien. S’il vous plaît !

Mais l’ombre demeura silencieuse… Danny Reiner frissonna en sentant, sans qu’il ne sache comment, que son kidnappeur était amusé par la situation, et surtout, par ses supplications.

Il commença à suer à grosses gouttes. Il avait affaire à un fou, et Danny comprit qu’il ne pourrait rien dire pour le faire changer d’avis. Le bourreau bougea, remua des objets que Reiner ne voyait pas, mais le son métallique qui résonna tordit ses intestins. Il allait mourir. Il n’avait plus aucune chance de s’en sortir… Il allait mourir, sans même avoir pu dire à sa femme une dernière fois à quel point il l’aimait. Ils venaient de se marier ! Il était trop jeune pour mourir. Il avait encore tant de choses à accomplir !

Il sursauta. Son tourmenteur était désormais à ses côtés, agenouillé… Danny plissa les yeux, un peu plus habitué à l’obscurité ambiante. Dans ses mains, la silhouette tenait une cage. Une cage remplie de rats.

NON ! hurla soudain Danny. Non, je vous en prie ! Tuez-moi, tuez-moi comme vous le voulez, mais pas ça ! Non, non, non, non. Pas les rats, pas les rats, pas les rats…

 

Le bourreau sourit. Un sourire tordu et narquois.

Danny réalisa qu’il était perdu.

La cage fut posée sur son ventre – il remarqua pour la première fois depuis son réveil qu’il était torse nu. Il s’urina dessus ; la peur s’était emparée de son corps entier, et désormais, il n’en avait plus aucune maîtrise. Il poussa un nouveau cri et s’étouffa avec la bile qui encombrait sa gorge. Un mécanisme fut activé et le bas de la cage s’ouvrit.

Les hurlements de Reiner résonnèrent longtemps dans la cave sombre mais ne furent jamais entendus.

Phobies

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